L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

Rentrée scolaire 2011-2012 : Une place au public… Bienvenue aux cours du soir

Voilà déjà deux semaines que les élèves ont repris le chemin de l’école. Un tour dans quelques établissements de la capitale nous a permis de voir l’ambiance qui y règne. Dans l’ensemble les cours ont débuté, mais certains parents d’élèves continuent encore à chercher la place pour leur progéniture. Obtenir une place dans un établissement public relève d’un véritable parcours de combattant.

Les cours ont débuté dans quasiment tous les établissements publics de Ouagadougou dès le 03 octobre 2011. Pas question d’accuser du retard. Les perturbations de l’année scolaire 2010-2011 sont encore dans les esprits. Il a fallu que l’ensemble des acteurs de notre système éducatif consentent à des sacrifices pour sauver l’année. Le ministre des enseignements secondaire et supérieur, Albert Ouédraogo, a d’ailleurs exhorté tous les acteurs à œuvrer pour une année apaisée. Et les responsables administratifs, chacun en ce qui le concerne met les petits plats dans les grands pour faire de ce vœu une réalité.

Dans le plus grand établissement de la capitale, le lycée Philippe Zinda Kaboré, il a été instauré une boîte à idées. Aussi bien le personnel enseignant que les élèves sont priés d’exposer leurs idées sous anonymat. Le dépouillement se fait en public. A cette mesure, s’ajoute les actions de sensibilisation que la direction de l’établissement s’évertue à mener, en passant quotidiennement dans les salles de classe pour expliquer aux élèves les bonnes attitudes à cultiver. Ce, en attendant le renouvellement des structures des élèves (délégués de classe, bureau de l’établissement…) pour actionner les autres cadres d’échanges.

Le dialogue et la concertation sont désormais les maîtres-mots. Selon le proviseur du lycée Philippe Zinda Kaboré, Boureima Traoré, « le proviseur ne doit plus être perçu comme un homme qui commande mais un manager. Tout responsable de service doit se voir en centralisateur, en facilitateur et en organisateur ». A cela, il ajoute la culture de l’éducation à la citoyenneté. Là, le concours des parents est plus que souhaité. « Il faut que les parents suivent un peu plus les enfants », lance-t-il. Même son de cloche du côté du lycée Nelson Mandela où le proviseur, Pierre Alexis Bassinga, demande de « ne pas toujours jeter l’anathème sur les enseignants et les administrations scolaires » lorsque des crises déclenchent.

Des effectifs impressionnants

Ces deux établissements concentrent près de 8000 élèves et constituent des références pour les autres établissements de la capitale voire de tout le Burkina Faso. Le Zinda à lui seul compte 76 classes avec 5300 élèves environ. Le corps professoral et le personnel administratif tournent autour de 230 personnes. Un effectif impressionnant. Le lycée Nelson Mandela, lui, compte environ 2500 élèves répartis dans 38 classes et un corps professoral de 116 enseignants. Malgré tout, les matières telles que mathématiques, physique chimie et éducation physique et sportive connaissent (EPS) des déficits en enseignants et il faudra faire appel à des vacataires. Ce à quoi s’attelle le proviseur Bassinga.

Mais le véritable problème auquel les proviseurs des établissements publics sont confrontés, ce sont les parents d’élèves qui continuent de les harceler pour obtenir des places pour leurs enfants. Le 14 octobre, nous avons rencontré un parent d’élève presqu’en larmes se prosterner devant le proviseur du lycée Zinda. Celui-ci dit vivre des scènes similaires pratiquement tous les jours. Mais, « il est difficile de satisfaire tout le monde », regrette-t-il. Ce que déplore Boureima Traoré, proviseur du lycée Zinda, c’est surtout le fait que certains parents d’élèves confient leurs dossiers de demande de places à des personnes externes au service. Ils sont le plus souvent surpris à la dernière minute que le dossier n’est pas arrivé à destination. Pire, ces « escrocs » prennent l’argent avec les parents d’élèves pour « gâter le nom des proviseurs ». « Je ne suis pas à 25 000 F près », s’indigne M Traoré qui dit tenir à son intégrité.

Pour cette rentrée, la plupart des établissements étaient débordés avant même le début des recrutements. Il était donc pratiquement une mode de voir l’affiche « pas de recrutement cette année » dans la plupart des établissements publics de Ouagadougou depuis le mois d’août. Les recrutements ont donc été faits en cercle restreint, en passant par le personnel de l’établissement ou les APE (associations de parents d’élèves). Il permet de maîtriser le flux de demandes qui parviennent aux proviseurs mais n’est pas forcement un gage de transparence. N’ayant pas obtenu de place dans les établissements publics pour leurs enfants et n’ayant pas de moyens pour aller dans les privés, plusieurs parents d’élèves seront obligés de se tourner vers les cours de soir où l’encadrement laisse à désirer la plupart du temps. Vivement qu’il y ait de l’ordre dans ce milieu pour éviter une éducation au rabais.

Moussa Diallo/Lefaso.net



17/10/2011
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