L'atmosphère à l'Université de Ouagadougou

RENCONTRE MESS-ACTEURS ÉDUCATIFS: Chacun a rendu ce qu'il avait sur le coeur

Après sa première sortie à Koudougou, considérée comme l’épicentre de la crise, le ministre des Enseignements supérieur et secondaire a effectué sa deuxième sortie à l’université de Ouagadugou. La rencontre  du 6 mai dernier, même si les étudiants étaient au cœur des préoccupations, visait à prendre en compte celles des différents partenaires du monde éducatif. Les maîtres-mots du ministre lors de cette rencontre : «  Paix, compassion et partage des frustrations », ont semblé été entendus.
Comme on pouvait s’attendre, un “forum“ où se sont réunies des sensibilités de plusieurs idéologies ne pouvait qu’être houleux et passionnant. Le ministre en premier lieu plante le décor. Outre la mort de l’élève Justin Zongo qui a entraîné celle d’autres étudiants et élèves, le ministre a reconnu que des personnes ont subi des « violences corporelles », pourtant un coup sur l’intégrité et l’image du pays. Des décisions ont été prises, rassure le ministre, pour  rattraper le temps perdu et faire la lumière sur les élèves et étudiants assassinés. Le calendrier scolaire a été réaménagé. Les policiers qui ont été à l’origine de cette crise ont été arrêtés et incarcérés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Pour convaincre les plus sceptiques, le Pr Albert Ouédraogo s’est dit prêt à accompagner toute personne qui  voudrait les voir.
Prenant à leur tour la parole, les différentes couches que composait le public ont pu exprimer leur ras-le-bol. Les problèmes sociaux auxquels les étudiants sont confrontés : « Insuffisance de plats servis au restaurant (10 000 plats pour 50 000 étudiants), manque de cités universitaires. Celles existantes sont occupées par moins de 1/5 des étudiants ; le problème de liberté et d’injustice ; le non-respect des franchises scolaires et universitaires ; le non-respect du calendrier universitaire ; l’insuffisance d’amphithéâtres ». La question de la police a failli faire l’objet de point d’achoppement. Pendant que l’UGEB et l’ANEB applaudissaient la levée de la police au sein de l’universitaire et appelaient à l’abrogation des textes la régissant, le Front d’initiatives pour un climat universitaire apaisé (FICUA) argumentait pour un service de sécurité à l’université. « Il faut passer à l’action, on a longtemps discuté », dixit le président de l’ANEB, Mahamadou Fayama. Il estime donc que les réponses face aux préoccupations déjà soulevées se font toujours attendre. Le personnel ATOS, qui s’est senti « oublié » parce que n’ayant pas été cité dans l’intervention du ministre a manifesté son indignation au cours de la rencontre. Au terme des différentes interventions, le ministre Albert Ouédraogo et son collègue, président de l’université et par ailleurs ministre de l’Environnement et du développement durable, le Pr Jean Koulidiati, ont invité les  uns et les autres à l’écoute et à un climat d’apaisement. Le responsable du MESS prévoit de nouvelles mesures pour favoriser la bonne collaboration entre les étudiants, les enseignants et l’administration. Il propose à l’avenir que les étudiants prennent part aux conseils de département. Il  a aussi évoqué la création de boîtes à idée dans lesquelles tout le monde pourra mettre ses suggestions pour la bonne marche de l’université.

 

Issa Bebané/L'Eveil-Education


07/06/2011
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