L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

Transfert d’étudiants à la Cité Kossodo : « Il y a des problèmes ! »

Le 5 août 2012, 250 étudiants ont été transférés des cités universitaires IMO et Don Camillo à la cité universitaire de Kossodo. Quelles sont les raisons de ce transfert ? Quel est la coloration du nouveau décor des arrivants ? Avis  des transférés.


Il est 11h40 lorsque nous arrivons à la cité universitaire de Kossodo, située sur l’axe Ouagadougou Ziniaré. Nous avançons vers les bâtiments pour un  échange avec le délégué adjoint, avec qui nous avons pris rendez-vous.

Mais il nous a fallu patienter pendant 15 minutes car ce dernier réglait des « instances ». Sous le karité situé devant le bâtiment A, nous tirons notre appareil pour des prises de vues. Un résident du 2eniveau, à travers les ouvertures de sa chambre,  nous lance ceci : « Droit à l’image ! ». Certainement un étudiant en droit, celui-là !

 

Raisons budgétaires et de capacité d’accueil

Enfin, le délégué adjoint nous reçoit en audience,  dans sa chambre ! Nous lui exposons le motif de notre visite : le transfert des locataires des cités IMO et DON CAMILLO à la cité Kossodo. Zoungrana Zakaria, puisque c’est de lui qu’il s’agit,  accepte  volontiers  se prêter à nos questions. Avant, il rappelle que la cité Kossodo a été ouverte en 2008. A l’époque, il n’y avait qu’un seul bâtiment. Aujourd’hui, il y en a  quatre.

 Après ce rappel historique, Zoungrouna a sa petite idée sur les raisons de la volonté de l’Etat de transférer les cités à Kossodo. D’abord, un souci d’économie. « IMO et Don Camillo étaient des bâtiments privés et très coûteux ». Ensuite, se conformer à certaines normes afin de faire face à « l’inflation » d’étudiants. En effet, le délégué adjoint déclare que ces cités « ne répondaient pas aux normes, n’ayant pas été construites pour recevoir un grand nombre de personnes».

 

Des problèmes dans le nouvel hôtel

Cette audience avec Monsieur Zoungrana close, nous avons fait un tour au bâtiment D, où se trouvent les nouveaux arrivants, qui ont déposé leurs valises le 5 août dernier. Première rencontre, Mlle Ouédraogo Viviane, ancienne résidente de IMO.  Elle corrobore le dernier argument de son nouveau délégué adjoint. « A IMO, il y avait des chambres pour huit personnes », dit-elle.  Elle ajoute qu’il n’y avait pas de restaurant, ce qui n’est pas le cas dans sa nouvelle résidence.  Deuxième rencontre, cette fois-là dans le couloir du bâtiment D.

 

Deux WC pour  un bâtiment

 Il s’agit de Zan Idrissa, ancien résident de la cité Don Camillo où il était d’ailleurs délégué général. Mais lui s’attaque à sa nouvelle destination.  « Il y a des problèmes ! », dit-il.  D’abord, l’eau dont la pression est insuffisante. Idrissa l’illustre avec une anecdote.  « Une fois, un de mes camarades se douchait et l’eau a brusquement cessé de couler. Imaginez son calvaire ! ».  Zan Idrissa rejoint Viviane pour ensuite tirer à feux nourris sur l’hygiène, surtout des toilettes.  Ils reprochent notamment au service de nettoyage de ne pas faire correctement son travail.  « Nous avons deux WC pour tout un bâtiment ! », s’indigne Viviane et à son avis, « on est exposé à toutes sortes de maladies !»

 

Intégration difficile

Mais il n’y a pas que les bâtiments qui ont du souci à donner aux étudiants. L’ancien délégué de Don Camillo se plaint d’un problème d’accueil et d’une négligence de la part des « autochtones ». « Nous n’avons pas été accueillis comme il se doit », déclare-t-il, estimant qu’ « en Afrique, quand un étranger arrive chez toi, il faut lui souhaiter la bienvenue et l’intégrer ». L’intégration a besoin donc de lubrifiant entre les nouveaux arrivants et les résidents.

L’occasion faisant le larron, les étudiants ont profité de notre micro pour égrener un chapelet de doléances, par la voix de leur délégué adjoint.  Une troisième chaine au restaurant, des lignes de bus directes allant de la cité au campus et de la cité au SIAO ; une infirmerie bien équipée. Bref, créer un environnement estudiantin où on trouvera tout ce dont on a besoin, à l’instar  d’autres pays comme l’université de Lagon au Ghana où les étudiants ont tout sur place (boutiques, banques, cybercafé, terrain omnisport, etc.).

Nous quittons les lieux aux environs de 13h.

 

Aminata SANGARE et Oumar SAVADOGO (Stagiaires/Burkina 24)





04/09/2012
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