L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

SYNTER : Le point sur nos luttes à l’UO

Au sujet du bras de fer qui a opposé le SYNTER aux autorités en charge des Enseignements secondaires, supérieur et de la Recherche scientifique, la structure syndicale fait le point de sa lutte à travers les lignes qui suivent.

La lutte, que les étudiants ont menée sous la direction de l’ANEB à la fin de l’année universitaire 2007/2008 et que notre organisation a soutenue, a permis d’attirer l’attention des autorités et toute l’opinion nationale sur la situation qui prévaut sur le campus de l’université de Ouagadougou.

L’année universitaire 2007/2008 était fortement menacée et la recherche de solutions pour la sauver a conduit les autorités du pays à initier des rencontres avec notamment les organisations syndicales des travailleurs. Cela a été l’occasion pour nos organisations de rappeler nos préoccupations.

Ainsi, nous avons posé nos préoccupations devant :
- le Premier ministre par le biais du président de l’UO qui nous avait demandé de les lui faire parvenir. Nous lui avons fait parvenir notre plate-forme revendicative, le 28 mars 2008 ;

- La Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 08/08/08 à laquelle, après avoir brossé l’ensemble de nos préoccupations, nous avons donné notre point de vue sur les conditions d’une reprise sereine des cours à l’UO qui était alors fermée ;

- Le président de l’UO entouré de ses collaborateurs à l’endroit duquel nos revendications ont été reprises aux différentes rencontres dont celle du 17 mars 2008 ;

- Le CFVU (Conseil de la formation et de la vie universitaire) à ses réunions auxquelles nous avons été invités.

A chaque fois, nous avons exigé des solutions à nos préoccupations. A l’issue de ces rencontres, des engagements ont été pris par les autorités et des promesses ont été faites. D’autres points, et non des moindres, ont reçu des réponses négatives ou pas de réponses du tout. Ils resteront constitutifs de notre plate-forme de lutte.

Notre attitude pendant toutes ces négociations qui étaient toutes convoquées autour de la lutte des étudiants a été de ne pas compromettre la fin de l’année 2007/2008 et la rentrée 2008/2009, nous réservant le droit d’entreprendre ultérieurement notre propre lutte autour de notre propre plate-forme. Nous étions alors et restons toujours convaincus que la perte de l’année aurait les étudiants pour principales victimes.

Notre objectif était de permettre de finir sereinement l’année 2007/2008 et d’entamer l’année 2008/2009.

Qu’en est-il des promesses faites ?

Sur les arriérés, les autorités se sont engagées à les éponger. Cet engagement a connu un début d’application avec le paiement en septembre et en octobre 2008 du mois et du demi-mois de salaire compensant la réduction d’un mois des vacances de 2006/2007 et d’un demi-mois des vacances de 2007/2008, puis du reliquat de l’indemnité de logement 2008. Mais le personnel ATOS n’a été concerné que par le demi-mois. La suite connaît des irrégularités et un non-respect des délais annoncés.

A la rencontre que notre syndicat a sollicitée et obtenue, du 6 novembre dernier avec le président de l’UO, nous avons déploré ces retards et exigé de lui que les procédures soient accélérées afin que les autres paiements aient lieu dans les meilleurs délais.

Avec les autres syndicats, nous semblons avoir été entendus puisque, au CFVU du 16 décembre dernier, puis à la rencontre avec les syndicats le même jour, le président nous a informés qu’au cours d’une rencontre avec les autorités, qui a eu lieu le 10 décembre 2008, celles-ci lui ont remis un certain nombre de chèques destinés à éponger les arriérés dus aux enseignants.

Depuis, nous avons effectivement constaté le paiement du complément de l’indemnité de logement des années 2005, 2006 et 2007 et de la prime de rendement 2007.

Ces paiements ne sont pas encore faits à tout le monde et nous attendons la suite (heures complémentaires, copies supplémentaires...). Certaines décisions, telles que le relèvement du taux horaire des prestations, attendraient le Conseil d’administration.

Sur la revalorisation de la fonction enseignante, le premier ministre aurait mis en place une commission pour y travailler. L’information nous avait été déjà donnée au CFVU du 22 juillet. Cette commission aurait fait des propositions de révisions de notre grille salariale, des taux horaires des prestations des enseignements et proposé des indemnités spécifiques.

Nous avons déploré qu’une commission qui devait travailler à la revalorisation de la fonction enseignante n’ait pas associé les syndicats dont la vocation est la défense des intérêts des enseignants et de tout le personnel de l’université. A ce jour, nous ignorons tout du contenu des travaux de cette commission, qui aurait été déposé sur le bureau du premier ministre.

Comme mesure favorisant la reprise des cours, les autorités ont pris, avec l’appui du SYNADEC et du SNESS, la grave décision de créer le Service de sécurité des universités (SSU) et d’édifier un mur pour clôturer l’université.

Au sujet du SSU, nous avons marqué notre ferme opposition de principe à sa création, parce que constituant une violation flagrante des franchises universitaires universellement reconnues et une source d’insécurité pour tous les acteurs de l’université alors qu’elle doit être un lieu de quiétude et de liberté par excellence. Nous avons précisé que nous nous donnerons les moyens de droit pour lutter contre sa présence sur le campus.

En ce qui concerne le mur, notre position était que, même si ce mur est quelque chose d’utile, il était inopportun d’utiliser des centaines de millions de francs pour sa construction alors que ces centaines de millions de francs CFA auraient pu servir à solutionner un tant soit peu les problèmes d’infrastructures qui se posaient et qui se posent toujours avec acuité (les travaux de la cité de Zogona devant servir de bureaux et de laboratoires sont arrêtés).

Beaucoup d’autres points de notre plate-forme n’ont pas été examinés parce que ne faisant pas partie de l’ordre du jour des différentes rencontres. Il s’agit de points relatifs aux conditions de vie et de travail des enseignants-chercheurs et des ATOS, et au renforcement des capacités de travail. Ces points portent, entre autres, sur :

- Le logement (octroi aux ATOS et relèvement du taux de l’indemnité mensuelle pour les enseignants-chercheurs, attribution de parcelles viabilisées et de facilités de crédit pour construire) ;

- les voyages d’études (tous les 2 ans pour tous les enseignants-chercheurs) ;

- La santé (prise en charge de 75% au moins des prestations de santé pour tous les travailleurs de l’UO) ;

- Les statuts du personnel de l’université ;

- Les statuts des assistants et des ATOS ;

- Le financement de la recherche ;

- Les indemnités diverses des ATOS (de risques, de salissure,...) ;

- La prise en compte des heures supplémentaires... ;

- L’organisation de formations, de concours professionnels, de stages de perfectionnement ;

- La bonne gouvernance ;

- La construction et l’équipement en matériel didactique de bureaux, d’amphithéâtres, de salles de cours et de TD.

C’est dire que la lutte est loin d’être terminée et la mobilisation reste à l’ordre du jour si nous voulons obtenir la satisfaction de notre plate-forme.

C’est dans un tel contexte de mobilisation des différentes organisations syndicales que nous avons d’abord été informés par la presse de la lutte du SYNADEC, puis le 24 décembre, par une correspondance du SG du SYNADEC datée du 10 décembre nous indiquant que son organisation avait déposé un préavis de grève commençant le 21 décembre.

C’est le lieu pour nous d’indiquer que le SYNTER ne peut et ne saurait s’opposer par principe à des luttes menées par un syndicat lorsque celles-ci visent à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Aussi regrettons-nous le retard dans la transmission et la réception de l’information par nos camarades du SYNADEC. Nous sommes, en effet, convaincus qu’une concertation préalable aurait permis une participation plus organisée, plus active et plus consciente de nos militants.

Même si des divergences fondamentales nous opposent sur certains points, la plate-forme qui a été rédigée par une commission conjointe de tous les syndicats d’enseignants du campus nous concerne tous. Nous aurions souhaité que la dynamique unitaire enclenchée (lors de l’élaboration de ladite plate-forme) se poursuive, nonobstant une première tentative manquée d’Assemblée générale commune, et qu’ensemble nous envisagions les voies et moyens d’obtenir la satisfaction de nos revendications.

Les grandes batailles menées avec succès dans l’histoire du mouvement syndical burkinabè en général, au niveau de l’enseignement supérieur en particulier, ont généralement été unitaires. Citons les grandes luttes des années 90 ayant conduit au relèvement des indemnités de logement, celles des années 2000 contre le plan machiavélique de destruction de l’université qu’était la « Refondation »,...

Nous sommes convaincus que, les intérêts des travailleurs de l’UO constituant la seule boussole de nos organisations, elles se retrouveront à l’avenir comme par le passé, dans des luttes unitaires. Nous osons souhaiter que cet esprit de la recherche de l’unité d’action dans la lutte domine pour les combats futurs malgré nos inévitables et nécessaires divergences.

Travailleurs de l’université de Ouagadougou, restons mobilisés pour une défense ferme de nos intérêts matériels et moraux ! Pain et liberté pour le peuple !

Ouagadougou, le 8 janvier 2009


15/01/2009
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