L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

Restaurant Central: «Il faut majorer ou je ne bouge pas»

Il est 10 heures moins ce vendredi 13 avril 2012 au Restaurant Central de l’Université de Ouagadougou (UO). Le lieu grouille  de monde. Les étudiants en longue file indienne attendent le début du service pour avoir à manger. Ils attendent là pour certains depuis des heures souvent sous un soleil de plomb. Le tableau des menus affiche les plats du jour selon les chaines. Quand on parcourt le tableau, on observe chaine A : riz sauce, to ; chaine B : dèguè, yaourt, foutou, soupe ; chaine C : spaghetti, gaonré, râgout ; chaine D : riz gras ; chaine E : haricot, gaonré, spaghetti, riz blanc plus légume ; chaine G : Attiéké, haricot ; chaine H : crudité, frite. On note également la présence de jeunes vendeurs de sachets dont deux blancs et un noir font 25 f.


Certains ont un point de vente situé aux entrées du Restaurant. D’autres par contre déambulent d’un bout à l’autre des rangs en proposant leurs marchandises. Il y a aussi les vendeuses de sachets d’eau, de jus de bissap et gnamakoudji qui sont assises à l’entrée du Restaurant présentant leurs produits à tous ceux qui entrent ou sortent du Restaurant à la limite du harcèlement.


Enfin 10 h ça murmure. A la chaine C, la queue du rang serpenté se trouve presque sur le goudron et les étudiants se plaignent du retard du démarrage du service.  Cependant ce retard est de courte durée car les premiers étudiants alignés commencent  à prendre leurs plats dans toutes les sept Chaines ouvertes. Pour avoir un plat chaque étudiant présente sa carte CENOU pour prouver qu’il est étudiant, donne un ticket de 100 f (coût du plat subventionné) et une marque pour prendre un plateau.

 

En quelques minutes les  salles de repas qui disposent  de chaises en fer et en pair de 4  ainsi que des tables qui ont été recouvertes il y a peu,  se remplissent transformant le silence qui y régnait quelques  instants plus tôt en bruits et tohu bohu de toute sortes.  Bientôt on se croit dans un marché au vu du nombre important d’étudiants qui y circulent. On assiste à des va et vient. Certains déjà installés, dégustent leurs plats en silence ou en causant du cours qu’ils viennent de suivre.  D’autres encore leurs plats en main cherchent une place pour s’asseoir et manger, ce qui n’est pas chose facile à certains moments. D’autres encore renversent leurs plats dans des sachets pour emporter. A la chaine A, 15min après le début du service, on assiste à des prises de bec entre un étudiant et une serveuse. L’étudiant demande une majoration et la servante lui demande de laisser les autres avancer. Ils discutent et finalement le plat est majoré. « Ce genre de situation est courant dans les Restaurants » nous lance un étudiant. En effet, si les étudiants et les prestataires ne s’attaquent pas pour une affaire de majoration cela peut être pour une affaire de marque. Il arrive qu’au moment où les étudiants déposent leurs plateaux pour récupérer leurs marques, celui qui donne est allé en chercher car le nombre qu’il avait est fini.  Au Restaurant Central  faire le rang s’impose partout  surtout à certains moments. Le Restaurant ne dispose que de deux points pour  le dépôt du  plateau  afin de  récupérer sa marque.  Cela a pour conséquence de créer de longs rangs  et bloque le passage à d’autres étudiants les plats en main cherchant à aller s’asseoir. L’obtention d’un gobelet d’eau crée également des éphémères rangs. Le phénomène des va et vient se poursuit jusqu’à la fermeture du Restaurant à partir de 13h. En effet tandis que certains sortent du Restaurant  d’autres arrivent et souvent ce sont des classes entières qui ont fini les cours à 11h ou 12h. Cela fait que souvent on a comme l’impression que les gens n’avancent pas dans les chaines. La longueur du rang de deguè à 10h ce vendredi 13 avril n’avait pas diminué à 11h, elle s’était au contraire allongée parce que les gens venaient toujours. Même à 12 h on avait  toujours un rang d’une certaine longueur preuve que les étudiants adorent ce mets.  Les derniers plats qui restent après 12h  sont  le riz sauce, riz gras et to. Et cela est ainsi généralement. En plus des prestataires, des étudiants, des vendeurs de sachets et des vendeuses d’eau et bissap, il y a les petits garibous qui trainent à l’intérieur du RU avec des sachets en main, prêts à récupérer toute sorte de plats restants. Les étudiants qui n’arrivent pas finir leur repas leur donnent le reste. Certains mélangent le riz, le haricot, l’attieké et même le to dans le même sachet. A partir de 13h tout ce beau monde disparait des lieux laissant seuls les prestataires qui après avoir servi s’attaquent à autres choses à savoir balayer et nettoyer les salles de repas pour le service du soir. La même scène reprend à 17h, l’heure du début du service du soir pour prendre fin entre 18h et 18h 30.

 

Ibrahima SANOU/Eveil Education



08/05/2012
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