L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

Ouagadougou : Les cours perturbés dans les établissements scolaires

De nombreux établissements d’enseignement secondaire de la ville de Ouagadougou n’ont pas fait cours dans la matinée de ce 28 novembre 2011. Pour réclamer que des filles, exclues il y a quelques semaines du groupe scolaire Sainte Colette pour cause de grossesse, soient réintégrées, les élèves ont déserté les classes.

 

Difficile de savoir d’où est parti le mot d’ordre de débrayage. Mais l’effet de contagion a été immédiat. Juchés sur des motos, sifflets dans la bouche, des groupes d’élèves se déplaçaient de lycée en lycée pour faire sortir leurs camarades. Postés à certains endroit de la ville, les forces de l’ordre observent la scène, impassibles.

 

« Quand ils (les élèves) sont arrivés, ils ont ordonné aux élèves du secondaire de sortir. Pour éviter que la situation ne dégénère, nous avons demandé à nos élèves d’obéir. Mais les écoliers du primaire ont continué normalement leurs activités pédagogiques », confie le directeur d’un établissement situé aux 1200 logements. Le surveillant général du lycée privé « Le Réveil » a également vécu la même scène. « Un groupe d’élèves est arrivé. Ils étaient entre quinze et vingt avec des sifflets. Ils ont garé leurs motos et sont entrés dans les classes eux-mêmes pour faire sortir nos élèves », décrit-il.

 

C’est pour marquer leur solidarité avec leurs camarades exclues il y a quelques jours du groupe scolaireSainte Colette pour cause de grossesse que les élèves suspendent les cours. Mais dans ledit lycée où nous nous sommes rendus, c’est la stupéfaction. L’intendant adjoint, Daniel Dipama, qui nous a reçus, raconte que les cours se déroulaient normalement dans la matinée, quand un coup de fil du directeur régional de l’enseignement secondaire du Centre a demandé la suspension des cours parce que des mouvements d’élèves étaient observés en ville. « Je certifie que les filles ont été réintégrées dans l’établissement », soutient M. Dipama, qui ne comprend pas les causes de ce mouvement d’humeur. Lors de notre passage, le directeur régional, des éléments des forces de l’ordre et le responsable du groupe scolaire Sainte Colette tenaient une réunion à l’intérieur de l’établissement.

 

Dans une intervention à la télévision nationale, le directeur régional de l’enseignement secondaire du Centre a confirmé que cinq filles avaient été exclues de l’établissement suite à un contrôle. Mais, ajoute t-il, « l’administration scolaire, le ministère des Enseignements secondaire et supérieur est entré en concertations avec l’établissement pour lui faire comprendre que depuis 1974, un décret interdit l’expulsion des filles pour fait de grossesse. » Le ministère, assure t-il, a pris des mesures pour que le décret soit bien connu des différents établissements du Burkina, car, conclut-il, « nous ne pouvons pas promouvoir le genre si les filles en état de grossesse sont exclues des écoles. La maternité ne doit pas être un frein à la scolarisation. »

 

DTS et DK/Fasozine



29/11/2011
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