L\'atmosphère à l\'Université de Ouagadougou

ANEB Koudougou : “Pourquoi nous avons attaqué l’UNEF”

Le lundi 12 mars dernier, des étudiants de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), section de Koudougou, et ceux de l’Union nationale des étudiants du Faso (UNEF) venus de Ouagadougou et de Bobo se sont affrontés, ce qui a fait des blessés. Pour situer l’opinion sur les circonstances de cet incident, la section ANEB de Koudougou a donné une conférence de presse le jeudi 23 mars au CODE (lieu de l’affrontement). Face aux hommes de médias, Francis Nikièma, président, et Marc Bouda, vice-président au sport, de l’ANEB.

 

“Le 12 mars 2012 nous avons été poussés à bout par les multiples provocations de l’UNEF qui ne datent pas d’aujourd’hui”, a lancé Francis Nikièma au début de sa déclaration liminaire. Selon l’ANEB Koudougou, le problème de l’occupation du CODE s’est posé pour la première fois en 2010. En son temps, elle avait communiqué le programme de ses rencontres (dimanche, lundi et tous les deux mardis, chaque fois à 20h) à l’UNEF et avait suggéré qu’elle en fasse autant. Chose qui n’a jamais été faite. C’est ainsi qu’une rencontre s’est tenue entre les deux structures pour clarifier l’occupation des locaux, laquelle a eu le mérite de calmer la grogne.

 

Tout se passait bien (personne ne perturbant les réunions de l’autre) jusqu’à la date du dimanche 4 mars 2012. “Ce dimanche-là, l’UNEF a initié une réunion à 19h tout en sachant que nous y tenions nos rencontres ordinaires le même jour à 20h. Nous sommes allés vers leurs militants leur rappeler notre rencontre. Par la suite, ces derniers ont refusé de libérer les lieux, nous obligeant à les contraindre à sortir”, a expliqué le président de l’ANEB. Selon lui, c’est après cet incident que l’UNEF de Ouagadougou a envoyé une équipe de 20 personnes de la capitale et 2 autres de Bobo le lundi 12 mars 2012. “Elles ont occupé le CODE dès leur arrivée à 11h en toute tranquillité. Par deux fois nous avons interpellé l’UNEF sur notre rencontre ordinaire prévue à 20h. Contre toute attente, elle sort une affiche pour une assemblée générale à 19h”.

 

Les conférenciers ont affirmé que c’est devant leur détermination à tenir aussi leur rencontre que l’inévitable est arrivé. Un affrontement entre les deux structures a fait des blessés du côté des visiteurs ainsi qu’une saisie de drogue qui a été présentée à la presse. L’étudiant sur qui l’ANEB a trouvé le stupéfiant a été conduit à la police, mais relâché immédiatement. Francis Nikièma trouve que les étudiants de l’UNEF sont venus pour en découdre avec eux. La preuve, une rencontre que les étudiants de l’UNEF ont organisée au centre régional des œuvres universitaires de Koudougou le lundi 12 mars où ils ont promis de tenir une activité à 19h (malgré celle de l’ANEB à 20h) même aux risques d’affrontement ; des notes trouvées sur le calepin du SG de l’UNEF qui mentionnaient “blocage du CODE”.

 

Francis Nikièma a confié que des échanges ont déjà eu lieu entre les deux corporations pour apaiser le climat, et qu’il n’y aura pas de traque des militants de l’UNEF dans les quartiers. Par contre, il a prévenu que l’ANEB ferait face à toute provocation. “Notre attitude dépendra du comportement des militants de l’UNEF sur le terrain. Nous doutons de leur bonne fois concernant la résolution du différend qui nous oppose. Mais nous sommes disposés au dialogue”, a déclaré Francis Nikièma, dans une salle bondée d’étudiants venus suivre la conférence de presse diffusée par des haut-parleurs pour ceux qui n’ont pas eu accès de la salle faute de place.

 

Cyrille Zoma/L’Observateur Paalga



27/03/2012
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